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Editions Universitaires Europeennes
Le Poids Des Identites
mémoire et traumatisme chez Aki Shimazaki
Les réfugiés ont un point commun dans leur histoire : leur départ n’a pas été préparé, il s’est fait dans l’urgence de la survie, Le trajet migratoire s’est fait le plus souvent dans des conditions épouvantables d’insécurité, de mise en danger. Très souvent les familles sont incomplètes du fait d’enfants laissés au pays, disparus en route, morts. L’absence de l’enfant est une douleur indescriptible et souvent indicible. Il s’instaure donc une nouvelle règle qui est le silence. Cette règle familiale s’applique aux parents, aux enfants arrivés dans le pays d’asile mais aussi aux enfants nés en exil. Parler des enfants absents met en danger.
Le thérapeute se retrouve souvent dans une position délicate devant "l’insupportabilité" de la situation. Parfois le traumatisme de la disparition accolée à la violence, aux traumatismes vécus par les membres de la famille font que le thérapeute pourrait être tenté d’appliquer la règle.
21/08/2010 LaLibre.be - Bienvenue sur la Libre Bel..ASILE
Des mineurs d’âge à l’hôtel
Stéphanie Bocart
Mis en ligne le 21/08/2010 -----------
C’est la première fois que Fedasil doit faire héberger des mineurs d’âge à l’hôtel. La structure a atteint son point critique. La saturation est globale.
En ce vendredi après-midi, le soleil baigne de ses généreux rayons une chambre aux murs bordeaux. Les fenêtres allongées sont ouvertes, laissant l’animation des rues avoisinantes emplir la pièce de leur écho. Deux lits - un lit simple et un lit double - aux draps blancs impeccablement tirés occupent l’ensemble de l’espace. "Je dors ici avec deux autres garçons, un Marocain et un Afghan", pointe du doigt Ola, un jeune demandeur d’asile nigérian de 17 ans. "Là, j’ai ma télé", décrit-il en désignant l’écran suspendu dans un coin. "Ici, mes tranches de pain et ma bouteille d’eau, et là mon sac." Un sac à dos rouge et noir contenant quelques vêtements - "un jean’s et des T-shirts" - pour seul bagage, souvenir douloureux d’un départ précipité de sa terre natale. "Je suis fils unique. Mes parents sont décédés. C’est grâce au prêtre de ma Communauté religieuse au Nigeria que j’ai pu gagner l’Europe", raconte Ola. "J’ai mis quatre jours avant de savoir que le pays où j’étais arrivé était la Belgique", poursuit-il. De débrouilles en dessous-de-ponts, il a finalement atterri il y a peu chez Fedasil, l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile.
Comme Ola, ils sont 21 mineurs d’âge non accompagnés à être hébergés depuis quelques jours dans deux hôtels de la capitale. "Cest la première fois que Fedasil doit envoyer des mineurs à l’hôtel et qu’ils y résident", confie ce collaborateur de Fedasil en charge de l’accueil de crise. "Normalement, le public mineur étranger non accompagné est accueilli dans deux centres d’observation et d’orientation, organisés par Fedasil. Mais le problème est que ces centres, déjà au-delà de leur capacité (100 places), sont engorgés. Nous n’avons donc pas eu d’autre choix que de placer 21 mineurs à l’hôtel, dans l’attente que des places se libèrent aux centres d’observation et d’orientation", continue notre interlocuteur. A l’origine de cette situation ? Primo, les centres d’observation et d’orientation sont "saturés" : "le délai prévu dans ces centres est d’une trentaine de jours maximum ; or des personnes y restent parfois plus longtemps car il faut définir leur âge via divers examens (tests osseux ), ce qui implique que certains mineurs restent plus longtemps", explique-t-il. Secundo, "il y a un nombre anormalement élevé d’arrivées de nouveaux mineurs", parmi lesquels de nombreux Afghans. Et d’enchaîner : "Nous espérons que l’arrivée de mineurs va diminuer et qu’il ne s’agissait que d’une vague dans la courbe. Sinon, il faudra trouver des mesures plus adaptées car nous sommes bien conscients que c’est la moins bonne solution qui soit, mais c’est la seule."
Logés à l’hôtel, ces demandeurs d’asile n’en restent pas moins des mineurs d’âge. Chacun se voit donc désigner un tuteur qui l’accompagne et le suit tout au long de sa procédure d’asile. "Les tuteurs sont d’ailleurs d’autant plus attentifs que leur mineur est hébergé à l’hôtel", précise-t-on chez Fedasil. En outre, "Fedasil prend des contacts téléphoniques quotidiennement et deux éducatrices des centres d’observation viennent voir si tout se passe bien". Au total, plus de 1 000 demandeurs d’asile, dont les 21 mineurs, sont logés dans une vingtaine d’hôtels avec lesquels Fedasil a passé une convention. "L’intégralité des frais est prise en charge par Fedasil", assure-t-on encore. Chaque matin, les jeunes non-accompagnés prennent le petit-déjeuner à l’hôtel tandis qu’ils reçoivent un chèque-repas d’une valeur de six euros pour se nourrir le midi et le soir. S’il n’y a pas de contrôle de présence, "à l’hôtel, on sait où sont les jeunes", déclare notre source. Ola, lui, apprécie tout particulièrement de se balader dans Bruxelles : "C’est une ville
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agréable. Les gens sont très gentils et amicaux." "Nos clients se rendent bien compte que notre hôtel héberge un public jeune un peu particulier mais la cohabitation se déroule très bien", se félicite la réceptionniste de cet hôtel, qui reçoit en cette saison de nombreux touristes.
Si la saturation du réseau d’accueil Fedasil est bien connue, cette nouvelle situation qui touche les mineurs démontre d’autant plus combien l’Agence a atteint son point critique. "Le problème direct est que les centres d’observation (CO) sont saturés, mais le vrai problème c’est que la sortie des mineurs des CO est bloquée par une saturation globale du réseau. Le problème se situe donc à tous les niveaux de la chaîne d’accueil, y compris à sa sortie", alerte Fedasil.
Bien loin de ces préoccupations logistiques, Ola, lui, essaie de se projeter dans l’avenir : "Si je peux rester en Belgique, j’aimerais devenir militaire ou footballeur", sourit-il, tout en admirant, accrochée au mur de sa chambre, une représentation de Lucky Luke, ce "poor lonesome cowboy"
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